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Parlez-vous wesh-wesh ?

Si vous n’êtes pas issu de la banlieue, vous pouvez avoir du mal a comprendre le langage des autochtones. Heureusement, des dictionnaires font leur apparition, afin que vous puissiez vous y retrouver. Je vous propose un mini-dictionnaire, pour comprendre le parlé des cités :).

Balle (C’est de la) : Exprime l’enthousiasme, quelque chose de bien, de beau, de positif. Cette meuf, c’est de la balle (Je ne suis pas insensible aux charmes de cette demoiselle).

Bâtard : Personnage désobligeant. Il m’casse les couilles grave ce sale bâtard ! (Cet individu provoque en moi un vif sentiment d’antipathie auquel je serais tenté de répondre par la violence).


Biatche : Dérivé de l’anglais « bitch ». Désigne la femme en général, avec toutefois une légère connotation sexuelle. Elle est trop bonne la biatche ! (Je suis ému à l’idée de flirter avec cette demoiselle qui, comme toutes ses semblables, déclenche chez moi des pulsions inavouables).

Bouffon : Qui ne s’apparente pas au clan. Nique lui sa race à ce bouffon ! (Rabats lui son caquet à cet individu qui ne s’apparente pas à notre milieu !).

Carotte : Du verbe carotter (extorquer, voler), mais dans une forme invariable. Il m’a carotte un zedou de teuchi, l’bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grave (Le scélérat m’a dérobé douze grammes de cannabis, il va s’en mordre les doigts.).

Chelou : Bizarre, inhabituel. Par extension, qui ne s’apparente pas au clan. La prof de street elle a des veuch tout chelous (Ce n’est pas tous les jours que l’on voit une coupe de cheveux aussi inhabituelle et cocasse que celle de la professeur de danse moderne, qui par extension ne s’apparente pas à notre milieu).

Comment : Exprime l’intensité. Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon ! (Je sors indéniablement vainqueur du combat qui m’a opposé à cet individu qui ne s’apparente pas à notre style de vie, ceci dit en toute modestie, s’entend, et avec la sportivité qui s’impose en de pareilles circonstances).

Foncedé : Se dit d’une personne qui vient de consommer du cannabis. Je suis foncedé (Mon regard est vitreux, je perds mes mots, un mince filet de bave s’écoule sur mon menton et je rigole comme un décérébré, sans aucune raison. J’ai payé assez cher pour me mettre dans cet état. Bref : je viens de consommer du cannabis).

Gun : Arme à feu. Ziva prête moi ton gun, l’aut’batârd y m’a manqué de respect (Pourrais-tu s’il te plaît me prêter ton arme à feu, afin que je règle son compte à l’importun qui n’a été qu’à moitié urbain à mon égard).

Grave : Donne une dimension irréfutable et universelle à une affirmation. Combiné avec « Trop » et « Comment », cette affirmation devient historique. Le teuchi ma foncedé la teuté. Grave. (Le cannabis contenu dans cette cigarette conique provoque chez moi une douce ivresse. Et je jure que cette information va bouleverser l’humanité) Comment j’ai trop grave chaud ! (Ce pic de température est le plus haut que la Terre est jamais connu depuis des millions d’années).

Kiffer : Apprécier. Comment je kiffe trop son cul (Le sien postérieur n’est pas sans éveiller chez moi des pulsions bien naturelles, qui me mettent dans une humeur joviale, pour ne pas oser dire gauloise).

Lascar : Personnage qui s’apparente au clan. Tous les lascars sont dans la place ! (Quelle joie de voir le clan réunis en de lieu de bacchanales).

Mortel : Bien, beau, dont on peut se réjouir (invariable). Elles sont trop mortelles tes Nike ! (Vos chausses s’entendraient fort bien avec mes pieds, aussi vous demanderai-je de m’en faire l’offrande sans opposer de résistance).

Mito : Mensonge. Dérivé de mythomane (menteur). On me fait pas des mitos à moi, bouffon ! (Je ne suis pas le genre de crédule à qui vous ferez gober vos sornettes, individu qui n’appartient pas à notre milieu !).

Niquer : Le troisième verbe auxiliaire avec « être » et « avoir ». A l’instar de « Schtroumpfer », il peut se substituer à n’importe quel mot. A utiliser sans retenue. J’ai niqué grave la bouteille de skai ! (Ayant un besoin impérieux d’étancher ma soif, j’ai bu entièrement la bouteille de whisky) Si tu m’niques mon scoot, j’te nique ta gueule ! (Si tu dégrades ma motocyclette, je me verrais dans l’obligation de te corriger vertement).

Quoi : Exprime l’évidence. Chuis pas une caillera quoi ! (Il est évident que je ne fais pas partie des malandrins qui troublent l’ordre public).

Race (sa) : Exprime le mécontentement. Sa race maudite ! (Je suis d’humeur maussade) Sa race, c’bouffon ! (Mon anneau pylorique est complètement fermé. C’est le résultat de la proximité de cet individu).

Sérieux : Indique que le propos est grave, solennel, et qu’il faut donc lui accorder le plus grand crédit. Sérieux, j’kiffe trop son cul à votre fille. (Monsieur, j’ai l’honneur de vous demander la main de votre fille).

Tèje : Jeter, refuser, réfuter, envoyer promener. T’aurais vu comment Djamel il a tèje la prof de zicmu ! (Le facétieux Djamel ne s’est pas laissé démonter face aux réprimandes de la professeur de solfège !).

Trop : Exprime l’intensité. En cela, synonyme de « Comment ». « Trop » et « Comment » peuvent éventuellement cohabiter dans la même phrase, pour exprimer une intensité très élevée. Trop la honte, ce blouson (Ce blouson est ridicule, et dans des proportions considérables). Trop comment je suis foncedé ! (J’ai fumé une quantité déraisonnable de cannabis. Je crains que mon acuité intellectuelle en pâtisse pour la paire d’heures à venir).

Truc-de-ouf : Désigne une chose peu commune, qui dépasse l’entendement. C’est un truc de ouf ! (Mon dieu, mon entendement est tout dépassé !).

Vite fait : Unité de temps, qui, contrairement à son sens originel, est synonyme d’ennui profond. C’matin, j’ai regardé la télé vite fait (J’ai passé toute la journée devant la télé).

Ziva : Indique que la demande est pressante. Ziva, fait méfu, sale chacal ! (Ne sois donc pas si avare de ta cigarette purgative, et fais en profiter ton vieil ami qui trépigne d ‘impatience).

Voir aussi

Les racailles, par Jigmé

Après les asiatiques, Jigmé nous parle des racailles : ça vaut son pesant de cacahouètes …

2 commentaires

  1. Bizarrement, ça ressemble à un truc vu sur les internets depuis, genre, 2006…
    OH WAIT. C’est parce que c’est le cas 😉

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